Nous visitons la ville hanséatique et ses vestiges de l'époque de la grande confrérie. Malheureusement, peu de maisons en bois ont résisté au grand incendie. Le ciel est désespérément bas, et le crachin n'en finit pas de pénétrer tous les vêtements. Bergen est du reste la ville la plus arrosée de Norvège ! Les rues sont sillonnées par de modernes trolleybus de couleur jaune. Il règne une bonne animation dans toutes artères de la ville, en particulier aux abords du port où se tient un marché. Nous nous laissons tenter par un morceau de saumon fumé, et 500 gr de crevettes. Nous rejoignons la gare. Le bâtiment est austère et triste. Les crustacés seront décortiqués et dégustés sur un banc, avant de prendre l'automotrice 69002 jusqu'à Voss.
Dès la sortie de la gare, le dépôt est dépassé, puis le train pénètre dans un long tunnel. La ligne longe ensuite pendant de nombreux kilomètres le fjord de Sørfjorden en s'agrippant à la paroi rocheuse. Nous descendons à Voss où une correspondance en bus nous mènera au terminus du Flåmsbana. Là aussi, la route a nécessité de nombreux ouvrages, dont notamment deux tunnels de 12 et 5 km avant l'arrivée à Flåm. C'est ici que s'achève le plus long fjord au monde, mesurant pas moins de 240 km. Ce qui fait que nous aurions pu venir en bateau depuis Bergen.
Nous achetons les billets pour le spectaculaire chemin de fer du Flåmsbana. Il nous en coûtera 210 NOK au lieu de 300 grâce à l'Euro Domino suédois ! La ligne permet de passer de l'altitude 0 à 865 m en seulement 20 km de trajet, au prix de nombreuses rampes - dont les plus raides affichent 55 ‰ en adhérence totale - de nombreuses courbes descendant parfois à 130 m, du passage de vingt tunnels… La ligne a été concédée en 1998 à une filiale des NSB chargée de l'exploitation et de la promotion touristique de ce chef d'œuvre ferroviaire. La rame, à la triste livrée (vert foncé) a été réaménagée avec un look rétro. Elle est tractée par deux locomotives à la même sombre robe placées aux extrémités du train, permettant entre autre la réversibilité du convoi. Les deux ou trois premiers kilomètres longent le fond du fjord, mais dès que l'extrémité de ce dernier est atteinte, les rampes de 30, 40 ou 55 ‰ deviennent légion. Un arrêt de quelques minutes est proposé au droit d'une cascade afin d'y faire des photos. Cette courte station est mise à profit par une vingtaine de Japonais pour se faire prendre devant ce déluge d'eau. Que les albums souvenirs nippons doivent être hilarants avec monsieur et madame tirés à quatre épingles, sourire forcé, devant tous les sites touristiques européens.
Au terme d'une heure de voyage, le train arrive à Myrdal, terminus de la courte, mais néanmoins impressionnante antenne. La pluie se mêle maintenant à la neige. Une longue rame chargée de containers attend le croisement avant de descendre sur Bergen. La gare est quasi inoccupée en cette période creuse de la saison. Le buffet est fermé, et il n'est pas possible d'acheter un billet ou une réservation. Tant pis, c'est sans cette dernière formalité que nous prenons le train en direction d'Oslo, plutôt que de rester dans ce lieu inhospitalier. La longue rame est tirée par la 18 2243, l'équivalant des Re 4/4 460 helvétiques. De la cote 860, le train devra encore gravir 400 m de dénivelé pour passer le col et " descendre " l'autre versant. Une fois le tunnel de faîte franchi, et ses nombreuses galeries paravalanches, notre train dessert Finse où la neige commence à tomber en abondance, sans pour autant " tenir ". Elle a tout de même bien blanchi les petits sommets environnant. Nous descendons à Ustaoset, 990 m d'altitude. Un grand vent glacial s'engouffre dans ce petit vallon. Nous arrivons à trouver un bar dans un hôtel pour se mettre au chaud en attendant le train de Bergen. Ce petit village regroupe à peine une vingtaine de maisons, une station service / épicerie, et cet hôtel. Que les journées doivent être longues en hiver…
Nous retournons vers la gare. Le train de Bergen affiche quarante minutes de retard ; heureusement, la salle d'attente est chauffée. Nous entamons la discussion avec un couple de randonneurs germano-suisse. Ils nous expliquent qu'une grève des contrôleurs aériens perturbe grandement les vols. C'est pour cela que les trains sont allongés et bondés aujourd'hui, avec des retards à la clef. Nous reprenons un " boa ", le 73010, pour Dale, car le retard ne nous permet pas de revenir sur Bergen. Au passage à Finse, nous pouvons constater que la neige commence à recouvrir les quais.
Nous arrivons dans une gare balayée par le vent et la pluie, mais malheureusement, ce que je craignais ce confirme : " y'a que dalle à Dale. Et tant pis si t'as la dalle ! ". En effet le petit village excentré semble stagner dans une profonde léthargie : pas un resto, pas un bar, aucun commerce ouvert. Nous devons nous résigner à attendre sous le crachin, car la salle d'attente n'est pas ouverte elle non plus. Enfin, la 18 2256 se pointe au loin avec sa longue rame où se trouve une voiture-lits ex SJ. Nous prenons place dans notre confortable T2. Le contrôleur nous remet un ticket valable pour le petit déjeuné dans le train ou au buffet de la Sentralstadjon d'Oslo.
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Dale |
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