Quarante minutes après le départ, arrêt frontière côté lituanien. Nouvelles formalités douanières, qui devraient disparaître d'ici deux ou trois ans quand le Traité de Schengen sera appliqué localement.
Sur le parcours lituanien, la deuxième voie est en train d'être déposée. Les importants trafics jadis engendrés du temps de l'URSS appartiennent à une époque désormais révolue. A partir de Pabadé, les deux voies sont tout de même maintenues. Sur l'ensemble du parcours, les gares ont été modernisées, les quais refaits, les bâtiments repeints. Le chemin de fer a-t-il (enfin) le vent en poupe en Lituanie ? A Naujoji Vilna, neuf kilomètres avant l'arrivée, la caténaire 25 kV fait son apparition en même temps que la ligne en provenance de la Biélorussie et de sa capitale Minsk. Nous traversons les premiers faubourgs de Vilnius. Une fois arrivés en gare, nous essayons de faire en photo notre rame, mais ce ne sera pas possible vu les ombres, la présence d'une grille et l'absence de recul… Tant pis, nous nous rattraperons sur quelques manœuvres en gare. Il nous reste maintenant à vite obtenir notre billet + réservation pour Kaliningrad. Nous y arriverons sans problème, moyennant un prix de 90 LTL. La gare est vraiment agréable, et ses travaux de modernisation se sont achevés depuis notre dernière visite en mai 2003. La Lituanie vit ces jours-ci un nouvel épisode dans le feuilleton à rebondissement de l'affaire Trintignant / Cantat : en effet, le chanteur de Noir Désir doit être transféré incessamment sous peu vers la France.
Il nous reste à essayer de faire en photo notre train international. Pour une fois, le soleil ne fait pas défaut, et en plus, il n'est pas trop mal tourné. Le 149 arrive avec 15 minutes de retard, ce qui constitue un événement assez rare dans l'ex URSS. Les trains sont certes lents, mais réguliers.
La longue rame, tirée par une TEP 60, est en livrée uniforme " vert wagon " avec son liseré jaune. Un agent de police nous interdit de passer directement sur le quai, mais nous invite à faire le tour par la passerelle. Au bas de cette dernière, une cahute permet de contrôler les passeports des rares voyageurs montant ou descendant à Vilnius. Le train, malgré sa grande longueur (16 voitures et 2 fourgons) est plein comme un œuf ! Les Russes voyageant entre l'enclave et la capitale de l'immense pays sont très nombreux. La plasterny (пластерни), sorte de voiture-couchettes sans compartiments, où nous installons n'a que peu de places libres. Nous nous installons tant bien que mal, et rapidement nous rejoignons la voiture restaurant (ресторан) afin de déguster quelques bières. Pour une fois, ce sont de vraies fleurs qui sont placées sur les tables. Mais il manque quand même quelques choses dans l'ambiance de cette voiture. Ah mais oui ! Ca y est ! Ce sont les Russes saouls comme des… Polonais ! Mais aussi la musique à plein volume aux rythmes " techno " ou " dance ". Quoique, quelques kilomètres après un arrêt prolongé à Vievis, le poste radio / cassette commence à se faire entendre.
Nous repartons à contre-sens après avoir attendu le passage d'un train dans l'autre sens. En effet, la voie contiguë est en cours de régénération. Il est à noter que sur l'ensemble du réseau lituanien, les points kilométriques ont été re-numérotés avec, non plus Moscou en point central, mais bien sûr la capitale Vilnius. Nous longeons le triage de Pelemonas (Kaunas) dominé par un imposant et moderne poste d'aiguillage. Les TEM 2 manœuvrent et débranchent les longues rames en provenance de la Russie ou de la Biélorussie.
Après un bon séjour à la voiture restaurant, et un litre de pivo (bière) plus tard, nous rejoignons nos places réservées. La plupart des gens restent allongés durant les 23 heures de trajet. C'est l'occasion pour eux de " refaire une santé " avant de rejoindre leur domicile. Le train s'arrête à la gare frontière. Les autorités lituaniennes mettront pas loin de ¾ d'heure pour contrôler les deux trains (l'autre mouvement étant arrêté sur la voie en face). Après cet arrêt prolongé où la ТЗП 70-0389 des RŽD (РЖД) a pris place en tête, le 149 repart et, dès la sortie de la gare, franchit la frontière matérialisée par une grille verte courant dans les champs. Ca y est, nous sommes dans l'enclave russe !
Dix kilomètres plus loin, nouvel arrêt, mais cette fois-ci, c'est celui réservé aux autorités russes. Là aussi, cela demande pas mal de temps. L'arrêt pour travaux vers Kaunas, et le temps perdu à la frontière font que train accuse désormais une heure de retard. Cela fait finalement mentir ce que j'avais écris plus haut…
Les paysages ne présentent que peu d'intérêt. Le temps se couvre, et ne permettra pas de faire de clichés en arrivant. En arrivant dans le complexe ferroviaire de l'ex Königsberg, devenue depuis Kaliningrad (Калининград), nous voyons se greffer à notre gauche la voie à quatre files de rail (voies de 1,435 et 1,520 m) provenant de Pologne. Enfin, notre long train s'immobilise sous la grande marquise. Il règne à notre arrivée une grande effervescence avec les retrouvailles, le déchargement des gros sacs et colis ramenés de la capitale fédérale.
Pour rejoindre l'hôtel, nous prenons un vieux tram grinçant et brinqueballant sur le grand réseau urbain à voie métrique. Vu les rares tronçons en site propre, la rame a du mal à se frayer un passage parmi le flot continu de la bruyante et polluante circulation routière. Nous trouvons sans trop de difficultés l'hôtel Tchaïka (Чайка) situé dans un quartier peu éclairé. Il faut se faire enregistrer les passeports. Nous mangeons à deux pas d'ici. Nous arrivons à traduire du russe quelques plats proposés au menu. Malheureusement, ceux-ci ne sont pas disponibles. Finalement, la charmante serveuse fera le choix à notre place, et sa sélection ne fut pas mauvaise.
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Daugavpils |
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Vilnius |
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Kaliningrad Yuzhny |
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