Journée du 07 octobre...


La météo n'est pas très clémente, mais la faible luminosité devrait être suffisante pour réaliser quelques clichés de trams en ville. Les traces de l'ancienne ville hanséatique mais aussi de son passé prusse sont rares. Il est vrai qu'il ne restait pas grand chose de la ville après sa libération des nazis en 1945. Nous rejoignons une gare située au centre-ville afin de rejoindre Svetlogorsk (Светлогорск) situé au nord de l'enclave. Cette partie du réseau est électrifiée depuis le milieu des années 70 et est parcouru essentiellement par des automotrices de construction RVR. L'agglomération de Kaliningrad est vite dépassée et laisse la place à de nombreuses usines aux cheminées fumantes, et aux nombreuses canalisations de chauffage. Puis ça et là, le train dessert quelques villages. Les cigognes semblent apprécier le coin, car elles sont particulièrement nombreuses à avoir élu domicile ici, en construisant leurs imposants " aéroports " (nids). Nous descendons faire quelques photos à Pionerskij Kurort (Пионерский) de notre train. Nous rejoignons le terminus de la ligne en taxi, mais celui-ci n'est pas photogénique. Retour en taxi vers la gare suivante. Le soleil est enfin généreux. Nous pouvons photographier le croisement des automotrices, avant de reprendre celle se dirigeant vers Kaliningrad. De retour au centre-ville, nous refaisons quelques photos de trams sur les larges avenues de la périphérie de la ville. Les Lada sont rares maintenant ; elles ont du laisser la place aux BMW et Mercedes. Peut-être est-ce, ironie du sort, le retour aux sources d'une contrée longtemps sous domination germanique, et depuis (seulement) soixante ans sous administration russe.

Enfin, nous nous dirigeons vers la gare afin d'y photographier (si possible) quelques mouvements. Il y bien quelques agents qui passent avec leur imposante casquette rivée sur la tête, mais ceux-ci ont l'air plus libéraux que leurs collègues de Russie continentale. Nous photographions un autorail moderne de construction hongroise pour Mamonovo (Мамоново), une manśuvre d'une 2M62, etc. Puis l'heure de départ de notre train approche. Nous faisons quelques courses, car il n'y a pas de voiture-restaurant. Enfin, la M62 1237 se met en place avec sa courte rame. Le train ne comporte que trois voitures des RŽD à gabarit UIC et écartement de 1,435 m : deux voitures-lits pour Berlin et une voiture places assises limitée à Gdansk (PL). Pensant que la rame serait refoulée, nous n'avons même pas essayé de la faire en photo. Quelle déception quand elle est arrivée !

Nous quittons Kaliningrad un peu en retard suite à des travaux en sortie de la gare. La vitesse est très lente au début du périple, sur la ceinture sud de la ville. Puis la ligne devient parallèle à la voie large jusqu'à la frontière. Nous longeons pendant un instant le littoral du Kaliningradskij Zaliv (Калининградский Заливы). En cours de route, nous croisons l'autorail argenté photographié un peu plus tôt. Puis la dernière gare russe (Mamonovo) est en vue. Des voyageurs (la plupart polonais) montent suivis des policiers. Les passeports sont récoltés dans une valise. Il y a presque autant de douaniers que de voyageurs ! La M62 russe est écartée au profit de la SU 45-054 des PKP. Deux Polonais, installés à nos côtés, essayent de planquer tant bien que mal la grande quantité de clopes achetées à bas prix en Russie. Tous les moyens sont bons : manches de la chemise, collants en nylon autour de la taille, le slip, … Au vu des nombreux tampons russes alignés sur les pages de leurs passeports, les deux trafiquants sont coutumiers du fait. Si ce genre de trafic ne dérange pas les autorités du pays que nous allons quitter, néanmoins, les polonaises y seront particulièrement plus vigilantes. Dans quelques kilomètres, ce sera le dénouement. Le train repart ; il fait désormais nuit noire. Notre convoi avance lentement dans l'obscurité, puis des lampadaires commencent à éclairer les deux voies (la voie large continue sur le territoire polonais). Ca et là, des miradors sont plantés, ainsi que l'incontournable passerelle au-dessus des voies, pour traquer l'éventuel intrus voulant fausser compagnie aux autorités russes et voyageant sur le toit du train ! Le convoi s'arrête à deux reprises pour permettre l'ouverture des deux lourds portails tout de barbelés vêtus. Entre les deux barrières, un no man's land d'une cinquantaine de mettre de large. Enfin, le train arrive à Braniewo, première gare polonaise où les policiers montent. Après un examen des passeports, voilà les douaniers contrôlant le contenu des sacs suspects. Et ce qui devait arriver arriva : nos deux compères se sont fait " griller " avec à la clé la confiscation de la précieuse marchandise. Les règles ne sont plus les mêmes depuis que la Pologne est entrée dans l'Union européenne. Et tous ces contrebandiers doivent maintenant avoir la vie dure.

Le train poursuit sa route dans la nuit. Nous cassons la croûte avec les beignets achetés à Kaliningrad ; une fois réchauffés par le four à micro-ondes du personnel, ils seront délicieux. Nos deux charmantes hôtesses nous proposent des bières. Leur prix sera bien plus important que dans les bars russes. A Malbork, notre convoi fait appel à la traction électrique. Notre SU 45 cède sa place, et l'EP 07-480 prend le relais. Peu avant Tczew, nous franchissons la Vistule (Wisla) par un imposant et long pont métallique. Dans cette grande gare de bifurcation, la voiture-lits pour Berlin est détachée ; elle sera vraisemblablement acheminée par une autre tranche.

Enfin, nous entrons dans la grande ville portuaire et industrielle de Gdansk. Il est tard, il ne faut pas tarder à trouver un hôtel. Nous en avons repéré un sur le Lonely Planet, mais celui-ci est complet ainsi que tous ceux du centre-ville. Nous arpentons les rues à la recherche d'un établissement, tout en profitant des splendides constructions du centre historique de la ville hanséatique. C'est ma-gni-fi-que ! Mais au bout d'une bonne heure, il faut se rendre à l'évidence : soit nous prenons un taxi qui nous conduira vers un hôtel en périphérie, soit ce sera le train de nuit pour Varsovie (Warszawa). Finalement, nous optons pour la première solution. Après un bon moment à errer dans les faubourgs, nous trouvons une place dans le centre d'hébergement du club de foot de Gdansk. Le confort est rudimentaire, mais la nuit n'est pas chère.

 

Villes

Arrivée

Départ

Train n°

Km

Observations

Kaliningrad Severny

-

11h15

6709

46

-

Svetlogorsk I

12h22

13h29

6906

46

-

Kaliningrad Yuzhny

15h09

17h48

008

198

-

Gdansk Glowny

22h06

-

-

-

-





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